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Réussir son application mobile : 5 conseils évidents (en apparence)

5 conseils pour réussir son application mobile Et oui, cela fera bientôt 7 ans que Apple a transformé nos vies quotidiennes en inventant l’iPhone. Passés les premiers balbutiements, les heureux possesseurs de smartphones sont rapidement devenus des experts du tapotage d’écran, profitant de la profusion d’applications désormais présentes dans l’App store.

Et c’est avec une aisance naturelle que nous manipulons maintenant ces apps, sans plus nous poser de questions sur comment les utiliser puisque Apple, avec son iPhone, a aussi signé la mort du mode d’emploi : tout repose sur le côté intuitif de l’usage.

Mais n’est ce que la simplicité d’utilisation qui fait des apps mobiles réussies?
J’ai récemment travaillé avec d’autres consultants de CSC (mon employeur actuel), à essayer de comprendre ce qui fait qu’une application est réussie, ou ne l’est pas. Nous avons ainsi bâti un modèle d’analyse de la performance autour de 5 axes, en partie inspiré du livre blanc publié par CSC aux Etats-Unis fin 2013 intitulé « Apps rEvolution » [voir (1) lien en bas de page]. En espérant que ce modèle permette à tout un chacun de réussir son application mobile…

Axe #1 : L’usage = Les fonctionnalités essentielles sont-elles présentes et bien mises en avant dans l’application?

L’usage : il s’agit d’évaluer si une application répond aux besoins de base de l’utilisateur. Autrement dit, d’évaluer la capacité de l’application à résoudre rapidement et simplement un problème ou un besoin. C’est en quelque sorte la promesse de base de l’appli.

Par exemple, pour une application de recettes de cuisine (retenez cet exemple, nous allons remettre la sauce), l’utilisateur s’attend à pouvoir rapidement trouver des recettes par mots clés, par ingrédients, par niveau de difficulté ou selon le temps de préparation nécessaire (selon que vous êtes pressés ou simplement paresseux!).
Aussi, s’il ne trouve pas des instructions simples et de belles photos, c’est-à-dire si l’application ne fournit pas cette valeur d’usage basique, ce sera la descente en flamme assurée dans les notes et commentaires dans les stores d’applications!

Si, en plus, l’application fournit de ces petits fonctionnalités enthousiasmantes que n’ont pas les applications concurrentes, celle-ci va gagner des points supplémentaires dans la bataille de la préférence des utilisateurs (pour ceux qui ne le connaissent pas encore, je vous invite à découvrir le modèle de Kano et sa Zone d’excitation). Par exemple, toujours pour notre app de recettes de cuisine : proposer des filtres de recherche pointus (ex. recette à faible teneur en matières grasse ou sans gluten) ou encore mieux, un petit marque page visuel, qui se déplace à mesure qu’on avance dans la recette (si vous êtes comme moi, vous perdez toujours 30 secondes à relire toute la recette pour retrouver l’endroit où vous en étiez, non?).

Axe #2 : L’interface = Est-elle simple, fluide, intuitive et visuellement agréable?

Le deuxième axe, c’est l’expérience d’utilisation (la fameuse User Experience ou UX pour nos amis anglo-saxons – NDLR : Prononcez YouEx). C’est l’axe le plus évident, celui qui fait « Wow, elle est classe cette appli » ou alors « Bof, c’est fouillis tout ça, je m’attendais à mieux ».

Au-delà de l’aspect design graphique, l’expérience utilisateur c’est aussi la capacité à rendre l’expérience simple et utile. Et là on tombe dans les critères déjà vus et revus (désolé) dans la conception de sites web traditionnels : fluidité et cohérence de la navigation, call to actions clairs, hiérarchisation et mises en avant des éléments clés,…

Ah, j’oubliais, un autre point : l’interface d’apps mobiles réussies passe aussi par les effets de transition entre écrans ou encore dans la vitesse de chargement. C’est plus subliminal, mais c’est dingue la différence que cela peut faire…

Axe #3 : Personnalisation = L’app propose-t-elle une expérience enrichie selon le profil de l’utilisateur ou de son usage?

La personnalisation, ou l’art de proposer une expérience différenciée en exploitant l’ensemble des informations sur l’utilisateur.

Il peut s’agir de données déclaratives (quand l’utilisateur a rempli son profil) ou des données implicites (déduites de la manière dont il utilise application).

En pratique, pour notre recipe app, cela consisterait à faire des suggestions de recettes personnalisées basées sur les ingrédients préférés, la saison (en évitant la choucroute en été), le niveau du cuistot (recettes qui prennent moins de 15 minutes, sinon je vais rater « Plus belle la vie » à 19h).

Axe #4 : Engagement = L’app incite-t-elle à utiliser fréquemment et à partager avec son réseau?

Pas simple la notion d’engagement. C’est un terme typiquement anglo-saxon qui peine à trouver sa traduction dans notre bonne vieille langue de Molière. Un mélange d’addiction, d’immersion, d’enthousiasme : ce truc en plus qui donne envie de partager et d’en parler autour de soi.
Dans la pratique cela passe par des mises à jour fréquentes (fonctionnalités ou contenus) et une intégration forte avec les réseaux sociaux (fonctions de partage notamment).

Revenons à notre application culinaire. Et si elle proposait de partager une recette sur Facebook (hum, déjà vu, mais un must quand même) ou encore mieux, et si elle intégrait des visuels postés sur Pinterest? (de beaux visuels ça marche toujours hein!)

Axe #5 : Technologie = L’app innove-t-elle avec les possibilités techniques du terminal et de l’écosystème digital?

GPS, accéléromètre, reconnaissance vocale, NFC, référentiels cartographiques :  autant de possibilités du terminal qui permettent d’enrichir l’expérience et la manière d’interagir avec l’application. Ceux-là sont classiques, mais combien d’apps n’en tirent encore aucun parti?

Continuons avec notre exemple préféré : combien d’apps de recettes de cuisine peuvent être contrôlées par la voix ou par le geste? (Pour la santé de votre ipad, évitez de toucher trop gras, trop sucré, trop salé, c’est dit dans la pub!).

Ceux qui savent utiliser de manière imaginative ces possibilités apportent la touche en plus. Ceux qui innovent et en inventent de nouvelles sont propulsés dans le carré magique des leaders visionnaires. Pensez « objets connectés » et « wearable gear » et leurs applications possibles dans un monde digital dont votre téléphone mobile serait la tour de contrôle. C’est déjà une réalité avec les entreprises comme Nest, ou encore Withings ou d’autres qui vous permettent de contrôler à distance le chauffage de votre maison ou de surveiller votre santé (ou du moins votre poids et votre activité physique pour commencer).

Nest, exemple d'innovation mobile

Nest, un exemple d’application innovante, rachetée par Google en Janvier 2013

 

Vers 100% d’applications mobiles réussies?

Réussir son application mobile? Hé, hé, pas si facile! Si l’on prend un peu de recul et que l’on regarde les cinq axes de ce modèle, on se rend compte que l’on n’en est encore qu’aux balbutiements dans notre apprentissage concernant la mobile experience.

Globalement, la plupart des applications mobiles d’aujourd’hui essaient de faire de leur mieux sur les deux premiers axes : usage et interface graphique. Du côté de la personnalisation, de l’engagement et de l’innovation c’est bien souvent le désert des tartares (et pourtant, j’aime ça le tartare…)

C’est comme tout, concernant le mobile nous en sommes encore à la phase de maturation. Je gage qu’elle ne devrait pas durer trop longtemps encore à la vitesse où la transformation digitale nous pousse. Raison de plus pour ne pas attendre et se remettre à l’ouvrage!

Vous avez des contre-exemples d’apps qui cartonnent sur tous les axes? N’hésitez pas à les partager en postant un commentaire!

(1) http://www.csc.com/innovation/insights/103045-apps_revolution